On peut citer les griots, poètes et musiciens ambulants d'Afrique de l'Ouest arrivés comme esclaves en Amérique. La musique hip-hop s'inspire de la soul et du funk avec notamment James Brown et Isaac Hayes. L'influence du dub jamaïcain et des sound systems est également importante avec l'apparition de versions instrumentales de standards reggae sur lesquels viendront parler les hôtes des fêtes, appelés « Maîtres de Cérémonie ». Le blues apporte les dialogues musicaux (call and response) qui influenceront le toasting puis les battles.
Contexe
Les années 1950 et 1960 creusent le fossé entre la majorité blanche américaine qui profite du rêve américain et les minorités (en particulier noire et hispanique) dont les conditions de vie se dégradent. Les mouvements identitaires se forment et sont réprimés (notamment les Black Panthers) et leurs leaders disparaissent (Martin Luther King, Malcolm X). Les communautés des grandes villes, en particulier New York, se replient sur elles-mêmes dans des ghettos où les gangs prennent une importance sociale de plus en plus marquée. L'insécurité, la délinquance et la drogue font alors partie du quotidien.
Dans le même temps, la musique noire américaine affirme son identité et le funk et la soul deviennent des modes d'expression et de revendication privilégiés. Les pionniers de cette culture posent les fondations sur lesquelles sera bâti le hip-hop : James Brown, The Last Poets, Sly and the Family Stone, Gil Scott Heron ou Stevie Wonder.
La culture hip-hop naît de cet environnement défavorisé et des tensions sociales, raciales et politiques de l'époque. L'extrême économie des moyens à mettre en œuvre, l'utilisation de la rue comme scène ou lieu d'exposition, la spontanéité de l'improvisation contribuent à l'élaboration et à la propagation d'un mouvement culturel qui va dominer la fin du XXe siècle.